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Nouvelle sans nom, 1/n

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Rencontre

Pourquoi Jean me fait attendre ici avec mon sac à dos ? Il m’a dit de faire mes affaires, et qu’on partait. Mais j’aime bien cette maison, elle est tranquille, je n’ai pas envie de partir. Et les personnes qui viennent me voir sont gentilles. Surtout Jean. Père et Amélia moins. Mais je les aime quand même très fort.
— Cordélia, viens. On y va.
— Jean, on va où ?
— Je t’emmène dans ta nouvelle maison. Ton père t’en as déjà parlé, tu te souviens ?

Je fais « oui » de la tête, je m’en rappelle. On m’avait déjà parlé de ma soeur, mais pourquoi est-ce que je vis pas avec ? Je veux la rencontrer : ici il n’y a pas d’enfant et être seule, c’est vraiment trop nul. Jean me tend une main douce et chaude et je la prends docilement. La nouvelle maison a l’air bien quand même. J’ai déjà vu des images, elle est beaucoup plus grande que celle-ci. On doit pouvoir faire des supers parties de cache-cache. Je suis pressée d’y être. En plus, il y a ma soeur. Mais je suis quand même triste de quitter ma maison, j’ai presque envie de pleurer.

Il y a beaucoup de bruit dans cette ville. C’est pas pareil que dans ma maison.

La radio est en marche dans la voiture, mais je ne comprends pas bien ce qu’elle raconte.

— Jean, ça veut dire quoi « dé-man-tèle-ment » ?
— Eh bien c’est quand tu casses quelques choses ou le détruit, en quelque sorte. Ici ils parlent de démanteler l’armée, ça veut dire qu’il n’y aura plus de soldats dans le pays.
— Mais qui va nous protéger des méchants alors ?
— Ton père et tous ses amis. Moi aussi, je tâcherai de te protéger, d’accord ?
— D’accord.
— Mais il faut que tu protèges ta soeur. Elle a besoin de toi. C’est une fille fragile.

Père me fait coucou quand je descends de la voiture et je fais coucou aussi en courant vers lui.

— Viens Cordélia, je vais te présenter à ta soeur. Hélianthine, tu te rappelles ?

Le temps de faire « oui » de la tête, Jean nous rattrape et me donne la main. C’est très grand ici. Le toit est haut. Il y a trop de marches à monter, j’aime pas.

— Attendez ici.

Père entre dans une pièce. J’ai peur de cette nouvelle maison. Elle est trop grande. Est-ce que ma soeur va m’aimer ?

— N’aie pas peur. Ne t’inquiète pas ça va bien se passer.
— Est-ce que tu viendras me voir ?
— Probablement oui.

On fait un câlin. La porte s’ouvre et une petite fille est cachée derrière père. Elle a l’air pas contente, ce qui me fait peur.

— Hélianthine, voici Cordélia Minerva Lacroix. Désormais elle vivra avec nous, vous serez soeurs.
— Pourquoi elle est là ?
Je serre la main de Jean. Elle disait pas ça gentiment.
— Pour que tu ne sois pas seule. Soit gentille avec elle, veux-tu ?
— Oui papa.
— Bien. Nous allons vous laisser faire connaissance alors. Bonne nuit à toutes les deux.
— D’accord, bonne nuit papa, bonne nuit Jean.
— Bonne nuit.

Jean me fait coucou en fermant la porte. Seule avec ma nouvelle soeur. Je ne sais pas quoi dire. Elle me regarde bizarrement depuis son lit. Je vais prendre mon doudou dans mon sac avant d’aller dans mon lit.

— T’as pas de papa et de maman ?
Je fais « non » de la tête.
— C’est pour ça que papa t’as amenée ici ?
Je fais « oui ». Elle continue de me regarder en ayant l’air pas contente, je me sens bizarre.
— Même si tu es avec moi, ici c’est ma chambre c’est moi qui décide.
— D’accord.
Je ne comprends pas pourquoi elle me dit tout ça. Le lit est vraiment confortable. Plus que dans l’ancienne maison.
— Bon je suis fatiguée, on parlera demain. Bonne nuit.
— Bonne nuit.

Entraînement

— Sortons après les devoirs. J’ai envie d’aller au parc. Ensuite on peut boire un verre quelque part. Je te paierai un truc pour avoir fermé la gueule de ces raclures.
— C’est normal, je suis là pour ça.
— J’espère que tu n’auras pas d’ennuis à cause de ces moqueries de gamins.
— Je pense que Père s’en fiche, et c’est tout ce qui m’inquiète.
— Tu lui as quand même cassé le nez.
J’esquisse un sourire en pouffant de rire.
— Il méritait. On ne s’en prend pas à toi comme ça.
— Quelle idée de me filer un prénom aussi stupide. « Tu es le Soleil de ma vie. » Enfin bref, on sort ?
— J’aimerais bien, mais on est mardi aujourd’hui : je dois aller “en bas”.
Héli soupire.
— C’est vrai, c’est vrai, c’est vrai !
Elle lève les yeux et les bras au ciel dans un geste ostensiblement théâtral.
— Qu’est-ce que papa te veut chaque mardi et jeudi ? D’ailleurs, est-il à chaque fois présent “en bas” ? Il a l’air de t’en donner du temps. Quand je vais le voir il est souvent occupé.
Voilà, sa suspicion nourrit sa jalousie. Jalousie que je ne mérite pas : elle n’a pas lieu d’être. Je doute qu’il vienne me voir par plaisir. Je déteste vraiment quand elle fait ça, ce genre de remarques incisives et sournoises.
— Tu sais bien que je n’ai pas le droit de te le dire. Habituellement oui il vient, mais exceptionnellement il m’a dit qu’aujourd’hui il serait absent. Des affaires urgentes. Et puis honnêtement, je suis sûre qu’il préfèrerait faire autre chose que de me surveiller.
Elle ne répond pas et rumine son mécontentement.
— En plus, aujourd’hui il y a le couronnement de la nouvelle Impératrice du pays voisin.
— C’est vrai que tu voues une admiration sans faille à leur régime totalitaire. Tu as des yeux qui pétillent à chaque discours de leur Empereur. As-tu vraiment été élevée dans notre démocratie ?
— Je t’ai déjà expliqué pourquoi je n’aimais pas la démocratie.
— Oui, c’est parce que t’es une esclave.
— Mais… non… bégayai-je, prise au dépourvu.
— Regarde-toi, tu n’es qu’une putain royaliste qui a besoin d’un maître. Il suffit que je te parle avec un peu d’autorité et tu rougis et obéis immédiatement me lance-t-elle avec sévérité.
— … Je te déteste.
Et en effet, je rougis en me cachant dans mon écharpe. Ma poitrine s’échauffe et les battements de mon coeur s’accélèrent d’une excitation intrusive. Bon sang, c’est qu’elle a raison.
— Arrête de bouder, je te taquine grosse débile dit-elle avec un sourire triomphant.

Une fois dans la chambre, j’allume le projecteur branché à mon ordinateur et je me plonge dans le lit.

— Tu veux regarder ?
— Vas-y, j’écouterai en fond.
Elle se lève et commence à s’occuper de ses plantes.
C’est dommage de ne voir que la fin de la cérémonie, nos voisins ont eu droit à un jour de congé. Il y avait une procession tout l’après-midi dans leur capitale.
— Je n’ai pas vu la prochaine Impératrice encore.
— ça m’étonne de toi. T’es toujours là à te renseigner sur tout ce qui concerne la politique de l’Inquisition.
— Mais il parait que c’est la fille de fleuristes. Ses parents tiennent une boutique dans la capitale.
— La légende dit donc vrai, on peut réellement grimper les échelons là-bas, avec leur école.
— Faut croire. Peut-être que tu t’entendrais bien avec elle. Dans une autre vie, tu l’aurais peut-être rencontrée et vous seriez devenus amies.
— Ne raconte pas de bêtises, rien ne dit qu’elle aime les plantes elle aussi.
— Je regarderai sur internet.

Ma soeur a quelques fleurs en pot, mais ma préférée est certainement l’azalée et sa vive et rose couleur. J’aime beaucoup aussi ses fleurs de lys d’un blanc pur. Je me surprends parfois à les fixer avec un regard vide. Je les soupçonne donc d’être la clé vers un monde onirique. Elle reprend en les arrosant :
— Les gens sont stupides d’avoir voté contre la présence de notre Premier Ministre là-bas. Je n’approuve en rien leur régime mais ça ne fait qu’attiser les inimitiés entre nos pays. Je crois que presque toutes les nations y envoient un représentant, y compris celles qui ne sont que peu reconnues comme telle.
— Probablement, nous verrons bien le nombre de sièges vides.

Et ils sont à peine une petite dizaine.

L’hymne de l’Inquisition retentit alors que le brouhaha de la foule meurt. Après que l’orchestre et les choeurs les eurent suivis, l’Empereur Charles se lève de son trône.

« Mes chers sujets, citoyens du monde entier, c’est avec émotion que je vous ai invité aujourd’hui. Après 36 ans de service, mon âge avancé ne me permet plus de régner avec autant de clairvoyance que je l’espérais, c’est pourquoi moi Charles Lévêque j’abdique devant vous et vous présente votre nouvelle Impératrice, Marie-Louise Debrange. »

Des cloches sonnent et l’orchestre se met à jouer alors que s’avance vers l’Empereur une jeune fille au teint pâle, sa tête couverte d’or cuivré raide coiffée d’un iris violet, rejoignant avec perfection sa longue robe évasée d’un bleu ésotérique et ses broderies florales. Le regard sévère mais sérieux, elle s’agenouille en fermant solennellement les yeux devant l’Empereur qui lui pose une couronne d’argent arborant le symbole de l’Inquisition sur la tête.

« Ma chère héritière, puisses-tu servir ton peuple avec loyauté, te dédier à sa cause avec force et te dévouer avec sagesse. »

Elle tend ses mains avec ferveur.

« Je te remets donc l’Epée et le Grimoire d’Hortense, les deux objets sacrés avec lesquels notre première et bien-aimée Impératrice a uni notre fière nation. »

Emue par une telle beauté, je ne peux qu’exprimer timidement l’évidence :
— Qu’elle est jolie…

Héli lève les yeux et hoche les épaules, peut-être avec jalousie.

— Elle est bien habillée quoi.
— Elle n’est pas beaucoup plus âgée que nous. Je crois que c’est une des plus jeunes Impératrices de l’Inquisition. Environ cinq ans de plus.

Lorsqu’elle se relève, les militaires ainsi que les ministres et le peuple s’agenouillent à l’unisson devant leur nouvelle Impératrice qui, tenant fermement le livre contre son coeur, salue ses sujets de son épée avant de s’incliner avec révérence.

Suite à son discours et ses remerciements, l’orchestre joue et elle sourit avec majesté en agitant sa main en direction de son peuple tandis qu’elle s’en éloigne pour rejoindre les sombres coulisses du palais impérial.

Subjuguée par une telle merveille, je reste bouche bée d’admiration et d’excitation, plantée sur mon lit. Mais la réalité revient à moi lorsque mon ordinateur me rappelle l’heure de l’entraînement bi-hebdomadaire.

— Bon cette fois, je viens avec toi. J’en ai assez de ces secrets, je veux savoir. Papa n’est pas là, c’est le moment dit-elle en s’approchant de moi après avoir posé son arrosoir.
— Ce n’est pas si intéressant. Et je n’ai pas le droit, père ne veut pas.
Elle cherche ses mots. — Je veux venir avec toi. Si ce n’est pas intéressant, ça ne peut pas être si terrible. Je peux donc savoir.
Je ne sais pas quoi faire. La perspective qu’elle puisse m’accompagner me semble si douce. Cependant, Père m’a formellement interdit de lui dire quoique ce soit à ce sujet. Et Père n’a jamais été tendre avec moi.

Devant mon hésitation elle ajoute en me prenant par les épaules :
— Ecoute, je ne te forcerai pas. Je veux juste savoir. Mais si tu ne veux pas, je respecterai ton choix, tant pis.

Son sourire me rassure, mais ne suffit pas à balayer mes craintes. Mes joues s’échauffent devant sa sincérité.
— Bon, très bien, viens avec moi.
— Vraiment ? Super !

Elle me serre dans ses bras, sa poitrine soudainement contre la mienne. Une étreinte rassurante.

— Est-ce que je dois prendre quelque chose ?
— Pas la peine, il y a déjà tout en bas.
— Très bien, je te suis.

Une légère inquiétude guette tout de même mon âme. Mais ça devrait valoir le coup, j’ai toujours voulu lui montrer. Des gardes se tiennent devant la porte menant “en bas”. Je les salue, mais ils nous arrêtent avec leur intimidante carrure et leur air sévère.
— Je pensais que vous n’aviez pas l’autorisation d’accéder à cette partie Mademoiselle.
Héli prend un air sévère. Celle de la fille gâtée qu’elle fait si bien, me provoquant un sourire amusé.
— Amélia ne vous a donc rien dit ?
Le doute est semé, ils échangent un regard confus.
— Nous n’avons pas été informés, non.
— Êtes-vous sûrs d’avoir envie que j’appelle Amélia ? Je suis certaine qu’elle trancherait bien dit-elle avec un geste vif de la main. Ils soupirent, et après un moment de silence, donnent leur décision.
— Ecoutez, on vous laisse passer, mais sachez que nous en informerons Amélia.
— Absolument, faites donc. Je suis ravie de pouvoir compter sur vous. N’est-ce pas Cordélia ?
— Oui, bien entendu.

En fait non, ça va très mal se passer. Je sens déjà le regret m’envahir lorsque le souvenir de ma dernière désobéissance ressurgit. J’avais naïvement espéré que nous passerions inaperçu. Idiote que je suis, je n’aurais pas du céder.

Elle sourit, ostensiblement satisfaite, tandis que les gardes ouvrent les portes du couloir. Être la fille de sang de Père lui donne une influence incomparable dans la maison, parfois je l’envierais presque.

L’ascenseur vers les profondeurs est toujours aussi propre et clair : on croirait qu’il est nettoyé tous les jours. Une fois en bas, ma soeur s’exclame : — Eh bien, je ne soupçonnais pas l’existence d’un tel lieu. Et surtout pas si profond.
— En fait c’est un abri anti-atomique. Il y a aussi un escalier pour y accéder. Père est prévoyant.
Des coups de feu sourds retentissent. Pas inquiète le moins du monde, Hélianthine se dirige vers eux d’un pas confiant. Ouvrant grand la porte avec une discrétion négative, nous nous retrouvons devant le stand de tir privé de la maison. Diverses personnes s’exercent actuellement, aucune ne prête attention à nous. De toute façon nous sommes déjà repérées. — C’était donc ça ? C’est tout ? Je suis déçue. Je pensais à quelque chose de plus… secret. Je ne sais pas.

Elle semble confuse et contrariée. — Je t’avais dit que ce n’était pas bien intéressant.

Bon, plus qu’à aller voir l’armurier pour récupérer mon équipement. Je prends aussi deux casques antibruit et je lui en tends un. Elle le met et son visage se met à dépeindre l’incompréhension, l’appréhension et la confusion. Ca me rappelle ma première fois. Amusée, je la prends par la main et je la guide vers le pas de tir isolé.

— Je sais que c’est bizarre la première fois. Moi aussi j’étais confuse. On s’entend respirer même. Mais on s’y fait. Tiens, tu peux t’asseoir là.

Elle s’exécute, perplexe.

— C’est ici que je viens avec Père pour tirer. Sinon c’est Amélia.

Elle acquiesce.

— Intéressant. C’est surprenant qu’on puisse se parler. Comment ça marche ?
— ça atténue les bruits fort et amplifie les “petits”, en gros.
— Trop chouette.

Elle réfléchit pendant que je charge mon arme.

— Mais pourquoi Papa me cacherait ça ?
— On peut pas dire que ça soit très légal. Et il dit que je dois pouvoir te protéger.

Bon, il est temps de lui montrer ma dextérité. Je me concentre, je fixe un point, j’appuie lentement sur la détente. Je la vois sursauter du coin de l’oeil. Ma soeur m’observe avec attention. En fait, ses yeux curieux sont presque pires que ceux de Père ou Amélia.

Elle fait preuve d’un enthousiasme surprenant. Je n’étais pas certaine de si ça lui plairait. Après plusieurs série, elle me sort de ma concentration.

— Je veux essayer.
— Ah bon ?
— Oui, montre moi comment ça marche.
— Puisque t’es là, pourquoi pas.

Je la place en face des cibles.

— Fixe un point particulier de la cible. Concentre-toi juste dessus. Il va y avoir du recul, n’aie pas peur. Tiens bien l’arme. Appuie lentement sur la détente.

Le tir part. Elle est surprise.

— Je ne m’attendais pas à ça.
— Pense à prendre un temps de repos entre chaque tir, pour gérer ton souffle. Aussi, ne reste pas en joug trop longtemps, ça fatigue. Comme moi tu peux faire des séries de 5 puis aller voir les cibles.

Elle acquiesce avec un enthousiasme contagieux. Je m’installe en retrait avec légèreté et je la regarde. Visiblement, ça lui plait bien plus que ce à quoi je m’attendais. La douce idée de pouvoir faire ça avec elle m’effleure et me fait sourire. Cette idée commence à nourrir de gros espoirs en moi. Après avoir alterné plusieurs fois, nous finissons par remonter pour le diner.

— Je suis heureuse que tu m’aies montré ce que tu faisais. Je demanderai à Papa de me laisser m’entraîner avec toi. C’est plutôt chouette, mais un peu effrayant sur le coup.
— Ca serait vraiment bien, oui.

De retour dans la chambre, après avoir attrapé « Sylvie », je m’installe confortablement sur mon lit. Quelques pages plus tard, Amélia me tire de la lecture en se présentant à la porte :

— Cordélia Minerva Lacroix, Le Maître veut vous parler jeune fille. Maintenant. Ce ton et ce regard sévère qui ne présagent vraiment rien de bon. Vraiment.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Ce n’est rien Mademoiselle, vous pouvez retourner à vos occupations.

Ma soeur fronce les sourcils et nous regarde nous éloigner de la chambre. Plus j’approche du bureau de Père, plus mon inquiétude augmente. Je me sens tendue, je serre machinalement le poing droit sur ma jupe. Il va me châtier, c’est certain. Les gardes l’ont assurément mis au courant. Ca y est, le regret s’insémine doucement dans mon coeur. Les trois coups qu’Amélia donne sur la porte résonnent avec inquiétude en moi.

« Entrez. »

La voix est familièrement monotone. Une monotonie que je n’ai pas entendu depuis plusieurs années. Il congédie Amélia qui m’abandonne seule face à ces traits sévères assis derrière un bureau…

Avec l’aide de ma soeur, nous marchons péniblement jusqu’à la chambre dans laquelle elle me place sur le lit après avoir retiré ma chemise pour panser les deux marques sur mon dos. Elle soupire avec inquiétude.
— Merci d’être intervenue lui soufflé-je.
— Est-ce vraiment ainsi qu’il te traite ? T’a-t-il souvent infligé de telles souffrances ?

J’acquiesce timidement. Bon sang, ça brûle.

— Je suis vraiment désolée Cordélia, c’est de ma faute. Je ne pensais pas…

Aïe, elle me serre dans ses bras. ça m’apaise et me rassure, donc je suppose que c’est équitable ? Les regrets s’envolent définitivement : ça valait le coup.

— J’espère que tu sauras me pardonner. Si j’avais su…
— Ça va, ça va Héli. Juste… ne bouge plus.

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Mis à jour: 30-12-2020

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